L’unité de transformation Penda-Absa

L’unité de transformation de céréales locales a été créée en 2001 dans le quartier Wakhinane de Guédiawaye par des femmes appartenant toutes à l’UGPR (Union des Groupements Partenaires du RADI: le Réseau Africain pour le Développement Intégré).

L’UGPR est un réseau de femmes qui intervient dans la banlieue de Dakar, elle réunit 88 associations qui comptent deux mille adhérentes.  L’UGPR milite pour les droits et la condition des femmes : droits humains, santé (mutuelles de santé), formation juridique, formation technique (transformation des céréales, couture), accès des femmes au crédit (mutuelle d’épargne et de crédit), etc …

Penda N’Diaye que beaucoup connaissent à Grenoble et à Meylan, suite à ses nombreuses interventions en France, est la Présidente depuis la création de l’UGPR, n’hésitez pas à regarder le très beau documentaire sur ce sujet :

Yakar, l’espoir

L’unité de transformation a été lancée pour contribuer au financement de la mutuelle de santé créée par le groupe de femmes de Guédiawaye. La mutuelle de santé existait déjà mais elle nécessitait pour son fonctionnement la participation de l’unité de transformation: dix pour cent des bénéfices dégagés étaient reversés à la mutuelle de santé.

Au Sénégal, l’Etat s’est depuis longtemps désengagé de la santé comme dans beaucoup d’autres domaines comme l’éducation.

Quand on va à l’hôpital, si l’on a pas d’argent, impossible de se faire soigner: il faut payer la consultation, l’ordonnance, même le lit d’hôpital est payant !

C’est ainsi que dans le pays, beaucoup meurent encore du paludisme, de la tuberculose, du diabète; des maladies qui causent plus de victimes que le Sida. Les Sénégalais ont dû mal à se soigner et sans se substituer à l’Etat, ils ont recours à des solutions alternatives, comme la création d’une mutuelle de santé.

A sa création, l’unité de transformation Penda-Absa (Penda est le prénom de Penda N’Diaye et Absa celui de la doyenne Absa Fall) avait bénéficié du soutien financier d’une ONG locale. Mais le soutien financier n’était pas une subvention mais un prêt qu’il a fallu rembourser.

Les femmes de l’unité se sont éreintées pour le remboursement de ce prêt pendant plusieurs années. Ainsi, les bénéfices étaient reversés pour honorer le paiement de la dette, au détriment des femmes et de la mutuelle de santé.

Fortes de leur détermination, de leur ténacité, quelques-unes ont continué à faire fonctionner l’unité. Aujourd’hui, la responsable de l’unité Penda Absa est Adèle Barry. Faly M’Baye est responsable de la matière première, et Aby N’Diaye est responsable de la vente (toutes les trois témoignent dans le film « Misères à crédit », voir extrait en page d’accueil).

L’unité produit du couscous, des granulés pré-cuits (thiari), séchés (araw), brisures (sakhal), à base de mil, de maïs, de riz et de niébé (haricot local).

L’unité dispose d’une boutique pour la vente de ses produits et un autre local où se trouve le moulin pour moudre les céréales.

Aujourd’hui, les bénéfices des ventes ne permettent qu’à un petit nombre de femmes de vivre; la mutuelle ne permet que de couvrir les soins de santé primaires (soins effectués dans un dispensaire, consultations pré-natales et accouchements). Tout le reste, frais d’hospitalisation, dentaires, etc… est encore à la charge des familles. Beaucoup d’entre elle n’ont toujours pas les moyens de se soigner.

Quant à la production elle-même, la demande est plus importante que l’offre mais faute de moyens, elle ne peut pas être satisfaite. Ainsi, aujourd’hui, le séchage en hivernage (saison des pluies) ne peut pas se faire; compte tenu de nombreux délestages (les coupures électriques peuvent varier parfois de 48 à 72 heures !) qui interdit tout machine électrique comme le moulin, il est impossible de fonctionner normalement.

Les besoins sont les suivants :

  • un séchoir à céréales + tables de pré-séchage
  • un groupe électrogène
  • une petite réserve de liquidité pour l’essence

 

Le séchoir et les tables de pré-séchages seront fabriqués par des artisans locaux. Une production plus importante permettra tout d’abord d’asseoir les revenus du petit groupe de femmes (dix) qui sont là depuis la création. Ensuite, cette production permettra d’impliquer de plus en plus de femmes du quartier Wakhinane et d’autres femmes de l’UGPR qui travailleront à l’unité.

Et enfin les dix pour cent des bénéfices reversés à la mutuelle permettront un fonctionnement optimisé, de meilleurs services (accès à d’autres soins) et l’accès à un plus grand nombre de bénéficiaires.

Lors d’une soirée « Pizza » dans le four du chemin des Chartreux à Montbonnot le 9 Avril 2011, nous avions recueilli la somme de 1020 euros qui a en partie permis le renforcement financier de l’unité (voir compte-rendu dans l’onglet « événements »).

Nous souhaitions prolonger ce lien qui nous unit désormais avec ce quartier et ces femmes. Nous avons donc formalisé ces relations basées tout d’abord sur la confiance en créant une association et un site qui permettra de réunir une somme permettant l’achat du matériel pré-cité.

Chacun peut participer selon ses moyens et son envie à cette « tontine » en achetant une ou plusieurs parts de 5 euros. L’argent collecté sera intégralement reversé à l’UGPR qui se charge de l’achat du matériel sur factures, et s’engage à donner régulièrement des nouvelles sur les retombées du projet.